La Fédération Française de Ski, un acteur majeur de l’économie et de la vie des territoires de montagne
À l’aube des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Milan Cortina, et avec les futurs Jeux Olympiques des Alpes 2030 à venir, la Fédération Française de Ski (FFS) a souhaité mieux mesurer et comprendre l’impact réel de son action sur les territoires.
C’est dans ce contexte qu’a été menée, avec le Centre de Droit et d’Économie du Sport (CDES), une étude inédite sur la contribution socio-économique de la FFS et de ses structures.
Les résultats confirment le rôle central de la fédération et de ses clubs, bien au-delà du seul champ sportif : acteur économique, vecteur d’accessibilité à la pratique, et maillon essentiel de l’emploi en montagne.
Un poids économique significatif au service des territoires
La pratique du ski fédéré représente aujourd’hui près de 143 millions d’euros de retombées économiques dans les massifs français.
Ce poids économique repose à la fois sur :
- les dépenses des licenciés, qu’ils soient engagés dans une pratique compétitive ou de loisir (forfaits, transport, hébergement, restauration, matériel…),
- et les dépenses des structures fédérales (clubs, comités, fédération) liées à l’organisation de la pratique, les stages, séjours et sorties à la journée, l’encadrement, …
Cette dynamique illustre une réalité forte : le ski fédéré irrigue l’économie de la montagne, en soutenant l’activité des stations, des professionnels et des acteurs touristiques, tout en s’inscrivant dans une logique durable et territoriale.
La diversité des profils – compétiteurs comme pratiquants loisirs – constitue à ce titre un véritable levier, en élargissant les publics et les usages tout au long de la saison.
Les clubs de station, piliers de la préformation et de l’accès aux métiers de la montagne
L’étude met en lumière le rôle clé des clubs de station dans l’écosystème montagnard.
Par leur proximité directe avec les espaces de pratique, ils sont des acteurs majeurs :
- de la préformation sportive, en particulier pour les jeunes engagés dans une pratique régulière ou compétitive,
- de l’orientation vers les métiers de la montagne, notamment ceux de l’encadrement et de l’enseignement du ski.
Près de 8 athlètes sur 10 estiment que les structures fédérales peuvent les accompagner vers une profession liée à la montagne, et dans 7 cas sur 10, les clubs déclarent jouer un rôle actif dans cet accompagnement.
Les clubs de station apparaissent ainsi comme de véritables portes d’entrée vers l’emploi, contribuant à structurer les parcours sportifs et professionnels, et à répondre aux besoins en compétences des territoires de montagne.
Clubs de loisir et clubs de plaine : des acteurs essentiels de l’accessibilité et de la découverte
L’étude souligne également l’importance stratégique des clubs orientés loisir et des clubs de plaine, éloignés ou non des massifs, et essentiels au développement et au maintien d’une pratique régulière et de proximité.
Ces clubs jouent un rôle fondamental dans :
- la découverte du ski et des disciplines de neige,
- l’accessibilité à la pratique, pour tous les types de publics,
- la fidélisation des pratiquants, grâce à une approche conviviale et progressive.
Ils constituent souvent le premier contact avec le ski fédéré, avant une éventuelle spécialisation ou orientation vers des pratiques plus intensives.
Cette mission repose en grande partie sur l’engagement bénévole, pilier du modèle fédéral : près de 40 % des 6 500 répondants à l’enquête se déclarent bénévoles, consacrant en moyenne plusieurs heures par semaine à la vie de leur club. Cet investissement humain est un facteur clé de cohésion, de transmission et de dynamisme local.
Une pratique diversifiée, portée par une offre de clubs de plus en plus large
L’étude met en évidence une grande diversité des pratiques au sein des ski clubs, reflet de l’évolution des attentes des licenciés. Si le ski alpin demeure la discipline centrale, il cohabite avec une offre de plus en plus élargie intégrant le ski nordique, le snowboard, le biathlon, le freestyle ou encore le ski de randonnée. Cette pluralité est particulièrement marquée dans les clubs de station, où plus d’un tiers proposent au moins trois disciplines différentes. Parallèlement, de nombreux clubs (>50%) développent des activités hors neige afin de prolonger la pratique tout au long de l’année et de répondre à des objectifs de santé, de bien-être et de fidélisation. Cette capacité d’adaptation constitue un atout majeur du modèle fédéral, permettant de toucher des publics variés, du loisir à la compétition, et de renforcer l’ancrage des clubs dans leur territoire.
Des enseignements structurants pour la stratégie fédérale
Au-delà des chiffres, cette étude apporte des enseignements clairs pour l’avenir de la FFS :
- Reconnaître et valoriser le poids économique de l’ensemble des structures, qu’elles soient tournées vers une pratique loisir ou compétitive,
- Conforter le rôle des clubs de station comme acteurs de la préformation et de l’accès à l’emploi en montagne
- Soutenir et accompagner les clubs de loisir et de plaine, indispensables à l’accessibilité, la découverte et au renouvellement des pratiquants, très souvent au service d’une pratique régulière pour les populations locales (<1h30 des lieux de pratique) ;
- Renforcer la place du bénévolat, socle du fonctionnement et de la vitalité des ski clubs.
Ces orientations s’inscrivent pleinement dans les réflexions stratégiques engagées par la Fédération Française de Ski, notamment dans la perspective des Alpes 2030.
Un temps d’échange pour partager et construire collectivement
Les résultats de cette étude ont été officiellement présentés le jeudi 29 janvier, lors d’une rencontre réunissant près de 100 acteurs de l’écosystème du ski : clubs, territoires, partenaires institutionnels et économiques.
Tables rondes et échanges ont ainsi nourri une réflexion collective sur l’avenir du ski fédéré et son rôle au cœur des territoires de montagne.
La publication de cette étude marque une étape importante : celle d’une fédération qui se connaît mieux pour mieux agir, au service de la pratique, de l’économie et de la montagne.
Chiffres clés : La contribution socio-économique du ski fédéré
- 143 millions d’euros
Poids économique annuel de la pratique du ski fédéré dans les massifs. - Dont 76,4 M€
Dépenses engagées par les structures de la FFS (clubs, comités, fédération), - et 66,5 M€
Dépenses directement réalisées par les licenciés dans le cadre de leur pratique en club. - 2,2 millions
Journées skiées par les licenciés FFS. - 39,7 %
Des répondants se déclarent bénévoles au sein de leur ski club. - 77 %
Des athlètes interrogés envisagent un métier lié à la montagne. - 7 licenciés sur 10
Ont été accompagnés par leur club dans leur orientation vers les métiers de la montagne.